L'isolement du peuple malgache

Publié le 14 Mai 2011

L’insécurité alimentaire des pays africains est bien connue. Les principales causes de cette vulnérabilité résident dans la continuité des perturbations climatiques, le taux élevé de pauvreté, le manque d'infrastructures et de politiques adéquates, sans oublier les guerres et les crises politiques.

 

Or Madagascar ne connaît pas de véritable guerre. Mais, elle subi indéniablement comme tous les autres pays africains de graves problèmes. La crise politique, que vit Madagascar depuis maintenant deux ans, obscurcit particulièrement les autres problèmes et détourne l’attention de la communauté internationale. Cette année a été particulièrement difficile pour la population malgache. La sécheresse, combinée aux cyclones, a violemment touché pas moins de 53 communes. Celles-ci ont par la suite subi de graves périodes de disettes. Le risque reste encore élevé considérant que, ni la période des cyclones ni celle des soudures ne sont encore terminées.

 

La situation est particulièrement critique dans la partie sud du pays où la sécheresse des sols et la désertification représentent un problème endémique.

 

Les habitants, ne pouvant trouver une solution aux aléas climatiques et économiques ou même s’alimenter correctement, ingèrent des plantes considérées comme toxiques telle que le «raketa», fruit d'un cactus, qui peut causer de sérieux problèmes digestifs. La population en vient même à manger leurs semences rendant alors leur futur encore plus incertain. Telle est la situation dans des différentes parties de l’île où l incertitude de la survie est le pain quotidien du peuple malagache.

 

La crise politique ne profite guère à la population. Le coup d'état de l’actuel président autoproclamé de l’HAT (haute autorité de transition), Andry Rajoelina, en mars 2009, a provoqué l’interruption immédiate de toute aide au développement.

 

La situation actuelle, confinée dans beaucoup de cas aux périodes de soudure et aux périodes de cyclones, constitue un grave problème et pourrait se transformer bientôt en un problème alimentaire structurel.

Plus de 70% des malgaches vivent en dessous du seuil de pauvreté. Les taux les plus élevés de pauvreté se trouve dans le sud où la majeure partie des habitants dépend d'une agriculture de subsistance.

 

La flambée des prix des produits alimentaires n'aide certainement pas et les politiques de contrôle des prix n'ont pas donné les même résultats que ceux vendus par les politiciens.

 

Le pays est isolé. Il subit un silence embarrassant et un déchargement de responsabilité difficile à accepter. Madagascar est complètement bloquée économiquement et politiquement. La situation sociale est tendue tandis que la situation environnementale est, elle, alarmante.

 

Ne pas agir aujourd'hui aura des répercussions sur l'avenir.

 

InMaLanka presse la communauté internationale à prendre conscience de cette situation d'instabilité politique totale qui dure déjà depuis deux ans. Le rapport de la banque mondiale publié, lundi 14 mars 2011, démontre clairement que l’aide humanitaire d’urgence n’est pas gérée pertinemment. Ainsi, le taux de pauvreté a augmenté de 9 % par rapport au 2005 malgré les 260 millions de dollars débloqués en 2010. Le règlement de cette crise mérite un autre type de politique au développement et non la simple fermeture des robinets de financements qui provoque l’isolement et la destruction du tissu social. La corruption qui ronge l’administration malgache y participe aussi grandement. Elle gagne du terrain pendant cette transition politique . Ainsi, le résultat de l'indice de perception de la corruption (IPC) 2010, présenté par Transparency International est de 2.6 soit une diminution par rapport à 2008 (3.4). 


La plupart des secteurs publics sont touchés par ce fléau. Selon Faly Rabetrano, directeur du Bureau indépendant anti-corruption, « la collectivité décentralisée ou commune, la gendarmerie, la justice, la police et le service du domaine, constituent les tops cinq des services de l'État les plus corrompus
»1. Mais le temps suit son cours sur l’île et le peuple malagache subit jour après jour l’avide maîtrise du pouvoir.

Jusqu’à quand ?

 

 

Fabrizio De Angeli

 

 

 

 

Rédigé par InMaLanka

Publié dans #Terrains Madagascar

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